07/10/2012

Le Col de la Bataille

À l'est de Léoncel, la crête de partage des eaux entre Drôme (vallée de la Gervanne) et Royans (vallée de la Lyonne) passe par le col de la Bataille, culmine au Roc de Toulau et se termine, à l'est, au Serre de Montue (point culminant de la station de Font d'Urle).


Le côté oriental du col de la Bataille

vu de l'ouest, depuis l'entrée orientale du tunnel de la D.199.

f.S = faille de Saillans. 
Bai.mc = Barrémien inférieur marno-calcaire ; Bai.bc = Barrémien inférieur bioclastique (pseudo-Urgonien inférieur).


Elle recoupe ainsi l'anticlinal d'Omblèze, dont la voûte anticlinale barrémo-bédoulienne est crevée au col de la Bataille, puis la grande faille de Saillans, et enfin le très large synclinal d'Ambel dont le fond plat est tranché, du côté est, par la reculée de la vallée de la Sure, qui entaille le rebord sud du Vercors au nord de Saint-Julien-en-Quint.

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Le versant sud du col de la Bataille, vu du sud, d'avion, depuis l'aplomb du col de Pierre Rouge.

a.sN = anticlinal de Saint-Nazaire ; s.L = synclinal de Léoncel ; a.O = anticlinal d'Omblèze ; s.T = synclinal du Toulau (ce pli est plus ouvert que ne le laisse croire le dessin des limites de couches selon cette perspective) ; s.A = synclinal d'Ambel.
f.cB = faille du col de la Bataille (elle détermine la falaise de l'entrée orientale du tunnel de la D.199) ; f.B = prolongement méridional de la faille de Bouvante ; f.S = faille de Saillans. 
Bai.mc = Barrémien inférieur marno-calcaire ; Bai.bc = Barrémien inférieur bioclastique (pseudo-Urgonien inférieur) ; Bé = Bédoulien bioclastique (pseudo-Urgonien supérieur).


- Du côté nord de la crête du col de la Bataille la face nord du Roc de Toulau ferme la reculée de Bouvante-le-Haut. Elle montre l'affrontement, par l'intermédiaire de la faille de Saillans, de faciès différents au niveau du Barrémien et du Bédoulien.

 

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Le versant nord de la montagne de Toulau, 
vu du nord, depuis les abords du village de Bouvante-le-Haut

 

s.A = synclinal d'Ambel ; f.S = faille de Saillans ; f.B = faille de Bouvante (elle détermine avec la faille de Saillans un petit horst* intermédiaire, surélevé faisant un éperon que la D.199 contourne par un saillant accusé) ; f.B = faille du col de la Bataille (elle détermine la falaise de l'entrée orientale du tunnel de la D.199). 
Noter la grande dissemblance des successions stratigraphiques de part et d'autre de la faille de Saillans : à l'ouest (du côté droit) il n'y a pas de falaise urgonienne et les faciès d'âge équivalent sont beaucoup moins riches en calcaires : Bai.mc = Barrémien inférieur marno-calcaire ; Bai.bc = Barrémien inférieur bioclastique (pseudo-Urgonien inférieur) ; Bé = Bédoulien bioclastique (pseudo-Urgonien supérieur).

La faille de Saillans constitue le prolongement vers le nord d'une grande cassure N-S que traverse la vallée de la Drôme à la localité de ce nom.
Il est remarquable que, de l'une de ses lèvres à l'autre, les faciès du Barrémien et du Bédoulien sont assez différents : en effet on trouve à l'est des faciès bioclastiques de plate-forme, s'apparentant à l'Urgonien, et, à l'ouest des faciès pélagiques, qui se sont donc déposés dans un domaine paléogéographique plus profond, plus distant de la véritable plate-forme urgonienne. Or, pour trouver de tels faciès dans le compartiment oriental il faut se déplacer en direction du sud : ceci indique que la faille a fonctionné encoulissement sénestre.
Cette particularité est un argument pour y voir le prolongement méridional de la faille de Presles car cette dernière (qui est sensiblement dans son prolongement nord, voir la page "Bouvante") présente précisément les mêmes caractéristiques de rejet coulissant sénestre. Dans son cas on peut même préciser que ce déplacement se serait produit avant l'Oligocène (voir le commentaire des cartes structurales).

- Du côté est de la crête du Roc de Toulau le plateau d'Ambel montre des couches nettement plus récentes, abaissées par la faille de Saillans. On y trouve même un lambeau de Sénonien plaqué contre la faille, en contrebas est du sommet. Ailleurs l'érosion a décapé les couches plus récentes que celles de l'Urgonien (au sens large), créant un plateau dont la pente s"élève doucement vers le sud, conforménent à l'inclinaison d'axe du synclinal d'Ambel au flanc orientale duquel ce Plateau d'Ambel correspond.

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Le plateau d'Ambel, vu du nord-est, d'avion, de l'aplomb de Font d'Urle (cliché obligeamment communiqué par M. Thierry Dumont)

s.A = synclinal d'Ambel ; f.S = faille de Saillans.
Bai.mc
 = Barrémien inférieur marno-calcaire ; Bai.bc = Barrémien inférieur bioclastique (pseudo-Urgonien inférieur) ; Bas = Barrémien supérieur bioclastique ; Bé = Bédoulien bioclastique (pseudo-Urgonien supérieur) ; A-A = apto-albien.
On observe ici l'intercalation, entre les deux barres de calcaires massifs (bioclastiques) du Barrémien inférieur, d'une vire de marno-calcaires du même âge qui s'effile vers le nord et s'épaissit vers le sud (vers la gauche). Au sud du Pas d'Ambel la barre inferieure de calcaires massifs disparaît symétriquement, par effilement au sein des faciès marno-calcaires.

Le rebord oriental de ce Plateau d'Ambel domine la dépression de Saint-Julien-en-Quint. Il est couronné par une corniche de calcaires assez massifs, à faciès bioclastiques, d'âge Barrémien inférieur. Au sein de cette dernière on peut voir que les faciès bioclastiques disparaissent peu à peu, du nord vers le sud, par effilement de leurs barres calcaires au sein des faciès marno-calcaires.

Cette disposition stratonomique, similaire à celle que l'on observe plus à l'est à la montagne de Glandasse, correspond au passage latéral entre deux domaines paléogéographiques, au Barrémo-Bédoulien : le domaine septentrional de la marge de la plate-forme urgonienne (son talus), à faciès organogènes*, et celui, méridional, de la "fosse vocontienne"*, à faciès pélagiques* plus ou moins terrigènes*.

 


Carte géologique très simplifiée des environs du plateau d'Ambel 
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

Source : http://www.geol-alp.com/h_vercors/lieux_vercors/ambel.html

15:58 Écrit par Les amis du Col de la Machine dans Col de la Bataille | Commentaires (0) |  Facebook |

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